Issu d’un ailleurs, du temps d‘une autre, apparaît un signe, un lien de toile.
Se jouant du geste qui le marque, il pénètre l’épaisseur du pigment et se faufile dans des lumières colorées comme une musique pour les yeux.
Douces confidences pour celui qui sait regarder et entendre le travail du peintre.
À l’intérieur de l’œuvre, le signe prolifère, toujours. La courbe contourne l’angle droit.
La spirale se lie au carré. Les formes se vident et se remplissent. Transparentes et minuscules, elles se métamorphosent, se multiplient, se superposent. L’espace s’habite. L’œuvre devient territoire. Une terre d’échange sublimée propice aux révélations les plus secrètes, celles qui se vivent dans le respect de toute intimité.
Les œuvres de Sophie Hamel sont à la peinture ce que les palimpsestes sont à l’écriture : des œuvres riches, surprenantes qui nourrissent les sens et l’intelligence.

Lyette Limoge, Montréal, 2014